Affrontement entre groupes armés : la PNH impuissante ?

Les bandits armés semblent vouloir contredire le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), Mikerlange Gédéon, ainsi que les responsables de la mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH). En mars dernier, les autorités de la Minujusth avaient fait savoir que la situation sécuritaire du pays s’est améliorée. Et lors de la marche des journalistes en faveur de Vladjimir Legagneur, le DGPNH avait, dans un tweet, déclaré qu’il n’y a pas de zone de non-droit pour la PNH.

Moins de 15 jours après ces déclarations, une guerre entre gangs rivaux a éclaté au niveau des quartiers populaires de la 3e circonscription de Port-au-Prince. De Bicentenaire jusqu’à Martissant, la tension a monté d’un cran en début de soirée du dimanche 8 avril. Des gangs armés de cité de l’Éternel, Village de Dieu, Cité plus, 1re, 2e et 3e avenue Bolosse s’affrontent pour avoir le contrôle de la zone dans l’idée de pouvoir rançonner les marchands de la zone et disposer du même coup des pouvoirs de négociations avec des hommes politiques, selon les dires de certains riverains.

Terrorisés, des citoyens de la zone se trouvent à présent dans l’impossibilité de vaquer à leurs occupations. Les individus ont, depuis plusieurs semaines, plutôt tendance à rester chez eux au lieu de risquer leur vie. Les parents ont gardé leurs enfants chez eux. La plupart des écoles dans ces quartiers ont fermé leurs portes durant la journée du lundi 9 avril. D’autres fonctionnent en effectif réduit, 6, 7, ou 8 élèves par salle. Les activités sont paralysées au niveau de ces quartiers depuis quelques semaines et certains habitants ont eu même le temps de vider cette zone.

Le périmètre allant du sous-commissariat de Martissant à celui de Portail de Léogâne s’est transformé en un champ de combat où des tirs nourris ont rendu la vie dure aux habitants de la zone. Sans aucune crainte des autorités de la PNH, des hommes armés opèrent à visière levée, leurs photos et vidéos circulent sur tous les réseaux sociaux.

C’est cette même périphérie concernée par la guerre des groupes armés, qui donne aussi accès au grand Sud du pays contenant pas moins de quatre autres départements : Sud, Sud-Est, Nippes et Grand’Anse.

En début de soirée du dimanche 8 avril, le constat était clair. La liaison entre l’Ouest et le Sud était quasi-impossible. Les véhicules ainsi que les personnes circulant à pied ne pouvaient traverser, quelle que soit leur direction. À présent, les citoyens de ces communautés ainsi que les personnes qui sont obligées de fréquenter cette zone livrée au bon vouloir des bandits ne savent à quel saint se vouer.

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