Brève réflexion sur Haïti par Rolsny Séant

Aujourd’hui je ne me présente pas comme le poète qui fait passer ses émotions à travers des vidéos publiées sur des réseaux sociaux ni comme le fondateur et animateur du plateforme Reggae Universel qui essaie d’instruire les gens à travers la traduction française des chansons chantées par des artistes non francophones. Je me présente aujourd’hui comme un humain, un citoyen d’Haïti et du monde qui comme beaucoup de gens sent venir le traumatisme suite aux faits qui massacrent notre mère Haïti et ses enfants.

D’après des analyses faites chez les pays que je peux qualifier de pays organisé, ce qui m’attire beaucoup plus l’attention c’est parce que je vois qu’il y a une sorte de connexion entre les générations. C’est la génération passée qui a préparé celle du présent et c’est celle du présent prépare celle du futur.
Mais la question qui me vient souvent à l’esprit c’est: « Qu’allons-nous laisser pour la future génération » ?
La génération précédente n’a peut-être pas pensé à nous mais ce n’est pas une raison de suivre ses traces pour autant.
Que voulez-vous faire de ce pays ?
Où sont nos valeurs ?
Où sont les voyants de cette société ?
Nous sommes privés de liberté, nos esprits sont déconnectés, nous vivons tous avec un cœur d’acier, nous laissons place à la discorde, l’hypocrisie, l’orgueil négatif, l’égoïsme, l’amour ne règne plus sur notre trône. Il est temps de mettre fin à ce phénomène de  » _Chen manje chen_ « , de  » _Kolòn ki bat_ « , de  » _Se mwen ki pi bon_ « . Il semblerait que l’idée d’être une nation unie s’est envolée depuis au lendemain du 1er Janvier 1804 puisque nous sommes toujours frappés par des crises qui nous mettent souvent en péril et c’est toujours nous qui les ont causées. Nous oublions si au cœur de notre bicolore  » _L’union fait la force_  » est encore le sujet à méditer.
Nous devons nous moderniser comme le monde, avoir l’orgueil positif, l’ambition d’avancer, la tristesse et la colère de savoir que nous sommes le seul PMA de toute l’Amérique.
Où êtes-vous les jeunes ?
Quels sont vos projets ?
Ne pensez-vous pas en créer si vous en n’avez pas ?
Où allez-vous ?
Un reggaeman (Tiken Jah Fakoly) a dit à travers une chanson :  » _Je ne sais pas où je vais mais je sais d’où je viens._  »
Savez-vous d’où vous venez ?
Savez-vous ce qui vous attend ?
Prenez juste trois minutes pour se faire une rétrospection. Regardez ce que vous pouvez devenir, prenez quelques exemples de ceux qui ont vécu les mêmes péripéties que vous. Analysez respectivement leurs chemins et choisissez aujourd’hui même quelle est la voie à suivre. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, si la honte était quelque chose de positif elle ne serait pas présente uniquement pour les mauvaises conditions.

En effet, je sais que je n’ai pas tout dit et je suis très loin de tout dire, mais ce message ne s’adresse pas un groupe spécifique, mais à tous les haïtiens. Je ne vous demande pas de faire appel à vos pouvoirs, vos réflexions immédiates et à vos manières d’agir, mais juste à vos consciences humaines. Nous sommes perturbés par des cris de détresse venant de partout.

 

*Rolsny Séant*