Des études mettent en évidence l’inutilité de la chimiothérapie contre certains cancers

Près de trois quarts des femmes ayant eu un cancer du sein pourraient éviter la chimiothérapie préventive et ses effets secondaires.

Une révolution ? Plusieurs études présentées dimanche 3 juin à la conférence annuelle sur le cancer à Chicago, aux Etats-Unis, pourraient bouleverser la façon dont les cancers sont soignés, particulièrement ceux du sein et du poumon.

Dans le premier cas, l’une d’elle – conduite auprès de 10 000 femmes – montre que 70 % des femmes ayant eu un cancer du sein peuvent éviter la chimiothérapie préventive et ses effets secondaires, en fonction des résultats d’un test génétique existant. Selon cette étude, les médicaments hormonaux habituellement prescrits après une opération pour retirer la tumeur seraient suffisants.

Selon cette étude internationale, le niveau justifiant le recours à la chimiothérapie pourrait être relevé sans risque. Depuis des années, un test génétique réalisé sur la tumeur permettait de prédire la probabilité de récidive. Ce test donne un score, entre 0 et 100. Jusqu’à présent, la chimiothérapie était conseillée au-dessus de 25 et ne l’était pas en dessous de 10. Ce qui posait un dilemme aux femmes situées dans la zone entre 11 et 25.

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Or, l’étude a montré que pour ces femmes-là, après neuf ans de suivi, la chimiothérapie n’apportait rien. Cela « aura un impact énorme sur les médecins et les patients », a assuré une coauteure de l’étude, Kathy Albain, cancérologue à l’hôpital Loyola Medicine de Chicago : « Nous allons faire reculer les thérapies toxiques. »

L’impact de cette étude serait particulièrement important aux Etats-Unis ou les chimiothérapies sont plus souvent prescrites qu’en France pour les cancers du sein. Outre-Atlantique, 65 000 femmes pourraient ainsi en profiter par an.

L’immunothérapie, un traitement d’un nouveau type

Concernant les cancers du poumon, d’autres études également présentées à Chicago, lors de la conférence annuelle sur le cancer, annoncent une prochaine ère où les patients verront leur tumeur analysée génétiquement. Si certaines mutations sont détectées, un médicament ciblant spécifiquement la tumeur pourra être prescrit.

Autrement, le patient pourra recevoir un traitement d’un nouveau type et en plein essor, l’immunothérapie, traitement qui stimule les défenses immunitaires. La majorité des patients éviterait donc les nausées, perte de cheveux et autres maux provoqués par la chimiothérapie.

Les laboratoires pharmaceutiques se livrent d’ailleurs une concurrence féroce dans le champ de l’immunothérapie. A la conférence, une étude sur le Keytruda (ou pembrolizumab), a été dévoilée ; l’Américain Merck, connu sous le nom de MSD à l’étranger, a tout misé sur ce médicament qui se prend par voie intraveineuse, toutes les trois semaines, notamment contre les mélanomes et les cancers du poumon.

Pour le dernier essai clinique, financé par MSD, les chercheurs ont comparé l’efficacité de la prise seule de Keytruda à la chimiothérapie : les patients soignés d’abord par le pembrolizumab ont vécu quatre à huit mois de plus que ceux qui n’ont reçu que de la chimiothérapie. Surtout, ils ont été moins nombreux à subir des effets secondaires graves (18 % contre 41 %). « Notre étude montre que le pembrolizumab est meilleur que la chimiothérapie pour deux tiers des gens qui ont le type de cancer de poumon le plus fréquent », assure l’auteur principal de l’essai, le cancérologue Gilberto Lopes, du centre hospitalier universitaire de Miami.

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