Haïti-Élections : Des étudiants s’en prennent à Aristide après sa déclaration incitant à la violence

« Élections libres ou déchoquage le 7 février prochain» a déclaré l’ancien président de la République, Jean Bertrand Aristide, lors d’un meeting à Cite Soleil. Une déclaration qualifiée d’incitation à la violence par divers citoyens, y compris les étudiants de l’Université d’État d’Haïti (UEH) qui appellent la Justice à sévir contre cette déclaration de l’ancien président.

En dépit du bémol de Jean Bertrand Aristide disant que ce déchoquage dont il parle veut dire éliminer tout ce qui n’est pas bon dans le pays, notamment les fatras, la misère et autres, les citoyens s’enflamment et demandent à la Justice d’appeler l’ex-président pour incitation des partisans et sympathisants de Fanmi Lavalas à la violence.

Se souvenant des vagues de violence des partisans de l’ancien président au début des années 2000, particulièrement à la faculté des Sciences humaines (FASCH), les étudiants de l’Université d’État d’Haïti estiment eux aussi que l’ancien prêtre devenu politicien continue de prêcher la violence au sein de la société.

Un étudiant en Anthropologie à la faculté d’Ethnologie qui critique sévèrement la déclaration de M. Aristide, dit croire que ce mot « déchoquage » prononcé par l’ancien président peut avoir un sens dans sa tête et une autre signification pour une frange de la population haïtienne qui agit généralement avec émotion.

« La Justice devrait appeler M. Aristide pour répondre à ses questions concernant cette déclaration », soutient l’étudiant se montrant très acerbe par rapport à la déclaration incendiaire de l’ex-président qui mène une campagne sans précédent pour la candidate de Fanmi Lavalas à la présidence, Dr Maryse Narcisse.

Un autre étudiant en Service social à la faculté des Sciences humaines (FASCH), espace qui avait connu des moments très obscurs sous le règne du président Aristide, a rappelé à l’ancien chef de l’État les déboires des étudiants sous son Administration.

« Le moment n’est pas celui de Jean Bertrand Aristide. Il a laissé tristement passer les opportunités. Il doit en tenir compte. La question d’élections ou déchoquage dont il parle n’est qu’une blague. Cela n’aurait aucun effet sur la population », laisse entendre l’étudiant.

Très acide aussi, un autre étudiant de l’INAGEIH qui condamne la déclaration du président déchu et leader de Fanmi Lavalas, s’est exprimé ainsi : « Nous sommes pour les élections du 20 novembre. Mais la question de déchoquage n’est plus à la mode. Cette méthode d’antan pour accaparer le pouvoir se conjugue au passé. »

Selon lui, cela n’a pas de sens et n’a rien apporté de positif au pays », siffle l’étudiant en Sciences politiques, avant de rappeler en passant des déclarations d’Aristide au cours de son premier mandat qui avaient provoqué des actes de violences sans précédent dans le pays.

Alix Laroche

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