Haiti-Elections: Moïse Jean Charles courtise le Grand Sud

À quelques jours de la tenue de la présidentielle et des législatives partielles du 9 octobre prochain, les partis politiques en lice

se mesurent sur le terrain dans le cadre de la campagne électorale. Ainsi, la plateforme Pitit Desalin passe à l’offensive. Elle

annonce la réouverture des entreprises publiques du pays fermées suite à l’adoption de la politique néolibérale.

La campagne électorale pour la présidentielle et les législatives partielles du 9 octobre prochain devient passionnante. Les différents partis politiques s’engagent à inviter leurs électeurs à se rendre aux urnes. La plateforme Pitit Desalin n’entend pas faire de cadeau à ses rivaux dans cette course. Sans langue de bois, le candidat de cette structure, Moïse Jean Charles, menace de poursuivre les anciens gouvernements, dilapidateurs du fonds PetroCaribe. Ils seront poursuivis où ils se trouvent. Ce, afin de rembourser à l’État les 3 milliards de dollars américains dus au Venezuela dans le cadre de ce partenariat. C’est ce qu’a déclaré le candidat à la présidence de cette plateforme lors d’une tournée effectuée dans le département du Sud du pays les 16, 17 et 18 septembre 2016.

À entendre l’ancien sénateur du Nord, ces anciens dirigeants devront restituer cet argent à l’État. Il est inconcevable que d’anciens dirigeants aient dilapidé cette somme faramineuse, alors que le pays n’en a rien bénéficié. Quels que soient leurs noms, prévient Moïse Jean Charles, ils seront poursuivis pour leurs actes de malversation lorsqu’il accèdera à la présidence du pays. Il fait de la lutte contre la corruption et l’amélioration des conditions socioéconomiques de vie de la population ses axes prioritaires. Le candidat a annoncé la réouverture des différentes entreprises publiques fermées suite à l’application de la politique néolibérale. Aussi a-t-il annoncé le contrôle du système de télécommunications sera confié à l’État haïtien.

Dans cette veine, M. jean-Charles dit s’inscrire en rupture par rapport à ces adversaires oeuvrant pour l’application de la politique néolibérale. Il a ainsi annoncé la réouverture d’un ensemble d’entreprises publiques fermées dans le cadre de cette politique suicidaire. L’heure a sonné afin de réaliser une autre révolution dans le pays, affirme-t-il. Comme l’un des pères fondateurs de la nation, Jean-Jacques Dessalines, s’était engagé pour libérer de l’esclavage à travers l’indépendance politique et physique ses compatriotes, Moïse Jean Charles promet de contribuer à l’indépendance économique. Cet engagement, explique-t-il, devra nécessairement passer par la relance de la production nationale du pays et l’utilisation, à bon escient, des principales ressources du territoire national.

Comme garantie, l’ancien maire de Milot s’est basé sur son intégrité durant ses vingt-cinq ans de lutte politique. Ce qui lui permettra de communiquer d’égal à égal avec des pays de la communauté internationale qui s’ingèrent dans les affaires internes du pays. Toutefois, le coordonnateur national de la plateforme croit qu’il ne peut à lui seul mener ce combat sans le soutien incontournable de la population, son seul patron.

L’ancien édile de Milot a réitéré son engagement et sa détermination pour aboutir au retrait définitif de la Minustah. Lequel retrait est conditionné au renforcement de l’effectif de la Police nationale d’Haïti (PNH). Sa bataille, dit-il, est un combat qu’il entend mener contre tous les ennemis du pays. « Si le pays nous appartient, il est anormal que ce soit des étrangers qui nous dictent leur loi comme bon leur semble. » Toutefois, Moïse Jean Charles a fait savoir que sa candidature ne vise pas à effrayer des étrangers et des « nantis de la bourgeoisie locale ».

À rappeler que le candidat a entrepris une tournée dans le Sud via une campagne de proximité auprès des membres de la population. Une démarche qui, affirme-t-il, vise à encourager les électeurs à se rendre aux urnes afin de voter l’alternative qu’il propose face à ses compétiteurs. Ces derniers, ne sont pas maîtres d’eux-mêmes, insinue-t-il; ils ne sont que des collabos militant pour le maintien du statu quo au détriment des couches vulnérables du pays.

Reynold Aris

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