Haiti -Sécurité optimale : la PNH et le CEP rassurent

Le Conseil électoral provisoire (CEP) et la Police nationale d’Haïti (PNH) promettent une journée électorale pleinement réussie en matière sécuritaire. Travaillant en étroite collaboration, ces deux institutions publiques ont dévoilé, en conférence de presse le mardi 13 septembre 2016, les grandes lignes d’un plan de sécurité pour la tenue en bonne et due forme du scrutin du 9 octobre prochain.

S’il devait y avoir un facteur de boycott des élections du 9 octobre, ce ne serait sans doute pas celui relevant de la sécurité, à en croire la PNH et le CEP. Au cours d’une conférence de presse tenue le mardi 13 septembre, l’inspecteur général Jean St-Fleur s’est voulu plus que rassurant. À la limite, il faisait rêver. Celui qui dirige le comité de planification stratégique de sécurité des élections dit promettre un climat serein total le jour du vote aux plus de six millions d’électeurs qu’il invite vivement à se rendre aux urnes sans crainte.

Pour ce faire, Jean St-Fleur s’appuie sur le plan de sécurité intégré tissé entre les deux institutions de l’État précitées. Lequel plan comporte deux axes fondamentaux : la sécurité policière et la sécurité électorale. Le premier, comme l’indique son nom, est assuré principalement par les policiers et les soldats des Casques bleus accompagnés des policiers de l’Unpol en renfort. La PNH au grand complet, à l’exception des unités du palais national et de la Primature, pour éviter toute connotation politique, sera déployée sur toute l’étendue du territoire pour assurer le bon déroulement du scrutin, a-t-il rassuré. Le climat sécuritaire recherché, précise M. St-Fleur, ne sera pas circonscrit, toutefois, à l’intérieur des centres de vote. Il englobe aussi leur périmètre. L’inspecteur général, à ce titre, mise gros sur la rapidité d’une équipe d’intervention pour assurer les patrouilles à motocyclettes ou en voitures. Aux fauteurs de troubles susceptibles d’opérer en milieu rural très reculé difficile d’accès, le responsable annonce que suite au partenariat PNH-Minustah, des hélicoptères seront disponibles le jour du scrutin, sillonnant les coins et recoins du pays en vue de les traquer où qu’ils soient. Même discours tenu par le secrétaire d’État à la Sécurité publique, le colonel Himmler Rébu, en référence à ce fameux plan.

Il dit mettre en garde tout individu prédisposé à semer la pagaille et qu’en aucun cas de tels actes ne resteront impunis. Alors que ces dispositions sont de nature à faire rêver, d’aucuns se remémorent encore le triste souvenir du premier tour des législatives du 9 août 2015. La violence dans toute son acception a régné en maître ce jour-là : des personnes sont mortes, plus d’une trentaine d’arrestations et une vingtaine d’armes saisies. Ce qui a obligé le CEP à exclure pas moins de quatorze candidats dont un au Sénat, Arnel Bélizaire, pour des faits répréhensibles à eux reprochés : tirs à l’arme automatique à proximité de centre de vote, saccage de bureaux de vote, enlèvement d’urnes et agression des membres de bureau de vote. Le comble de cette lamentable journée électorale a été le comportement passif, frisant même une certaine complaisance, des policiers face à ces actes de banditisme.

En réaction, Jean St-Fleur promet que la passivité sera banni, ce, en référence à l’élection présidentielle du 25 octobre 2015. Les directeurs départementaux, selon lui, soumettront au terme du scrutin, un rapport sur le comportement des policiers, qu’il soit exemplaire ou pas, qui sera acheminé au niveau de l’inspection générale pour les suites nécessaires. Hormis l’aspect coercitif, celui qui a été arrêté en 2010 pour cause d’agression physique sur un individu compte sur l’engagement total des policiers à qui sera soumis un code de conduite leur rappelant le comportement adéquat à adopter. L’obligation, à titre d’exemple, leur est faite de garder leur neutralité politique étant donné que la PNH est une institution apolitique. Entre autres volets de ce plan de sécurité, citons le rôle des Agents de sécurité électorale (ASE).

Conformément aux dispositions de l’article 141 du décret électoral, ceux-ci ont la charge de recevoir les matériels sensibles et non sensibles dans les bureaux de vote. Formés par l’institution policière, ils devront aussi assurer la discipline dans les bureaux de vote bien qu’ils ne détiennent aucune arme à feu. Estimés à six mille, ces agents seront déployés au niveau des dix départements géographiques du pays, selon le directeur de sécurité au CEP, Derby Guerrier.

Jean Michel Cadet

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