Le CEP a tranché, le gouvernement insiste !

L’authentifcation de la CIN nécessaire pour voter, selon l’offce national d’identifcation (Oni), n’est plus de mise. Cette annonce et d’autres points saillants relatifs aux mises en place pour la tenue du scrutin du 9 octobre ont été abordés par le Conseil électoral provisoire (CEP) la semaine écoulée.

L e débat est clos. Le conseil électoral a tranché. L’authentifcation des cartes d’identifcation nationale n’est plus une condition sine qua non permettant à un électeur de voter aux élections du 9 octobre, avait annoncé le porte-parole du Conseil, Mme Nicole Siméon. L’organe électoral, précise-telle, n’est pas lié à ce processus qui suit son cours indépendamment de son impact sur l’élaboration de la liste électorale. Pourtant l’Ofce national d’identifcation (Oni) avait conditionné le vote de plus de six millions de citoyens à l’authentifcation de cartes Cin. Dans une correspondance adressée au directeur de cette institution, Wilson Fièvre, le patron du CEP, M. Léopold Berlanger, avait exprimé ses inquiétudes, notamment en se référant à la lenteur de l’Oni dans la transmission de la base des données des électeurs pourtant fxée au 27 juillet dernier. L’organe électoral n’aurait pas encore reçu toutes les données, ce qu’a confrmé Nicole Siméon qui a fait savoir qu’au niveau de la préparation des listes électorales, le Cep est prêt à 50 %. Pourtant le ministre de la Justice Camille Édouard Junior apporte son appui à l’ONI dans cette initiative qui risque de faire échouer, si nous devons croire les inquiétudes du cep, le processus électoral. « C’est une des prérogatives dont jouit l’ONI à partir de sa loi organique », a expliqué le titulaire du MSJP, rapporté par l’agence en ligne HPN, lundi. Cette mise en œuvre a pour unique but de protéger les détenteurs des CIN de toute utilisation par des tiers, a poursuivi Me Édouard. Les inquiétudes, toutefois, sont loin d’être dissipées sur la mise à jour de la liste électorale. Le candidat à la présidence du Parti haïtien « Tèt kale » (PHTK), Jovenel Moïse, à ce titre, a exprimé ses préoccupations. Il s’est référé à une rencontre tenue le 30 juin avec les partis politiques et les candidats à la présidence. Rencontre au cours de laquelle les responsables électoraux ont fait savoir que le corps électoral passera de 5.2 millions en mai 2015 à 6.2 millions en juillet 2016. Dans sa correspondance adressée au CEP, M. Moïse dit ignorer encore laquelle de ces deux listes sera retenue pour l’organisation des élections dans un contexte où les partis politiques s’apprêtent à inscrire en ligne leurs mandataires. Cette préoccupation a été plus tôt exprimée par le candidat à la présidence Jean-Henry Céant. Le leader de « Renmen Ayiti » a estimé que les élections pour le renouvellement du tiers du Sénat feraient chevaucher le processus électoral sur deux listes électorales. Ce qui constitue, selon lui, une violation du décret électoral. C’est pourquoi, pour donner un tant soit peu de légitimité à la course électorale, il a plaidé, mais hélas, en faveur d’un accord politique entre le CEP, les partis politiques et les candidats. Par ailleurs, l’institution électorale s’est lancée dans le processus de recrutement des observateurs communautaires, une autre appellation de la notion de « témoin » introduit par le CEP de Léopold Berlanger. Des correspondances, selon Nicole Siméon, ont été adressées à des organisations sociales et communautaires pour qu’elles désignent leurs représentants. Ces observateurs communautaires seront placés dans chaque bureau de vote en compagnie notamment des mandataires des partis politiques et superviseurs. Ce qui risque de poser des problèmes dans les salles souvent exiguës qui servent de bureau de vote. Entre autres activités, notons que le processus d’appels d’ofres pour la fabrication de bulletins et de matériels sensibles a pris fn le 27 juillet. Le CEP n’est pas en mesure de révéler les noms des frmes qui y ont pris part ou encore celle qui a remporté ces appels d’ofres. Des informations feraient croire que les entreprises haïtiennes auraient avoué ne pas être en mesure de livrer à temps les bulletins et matériels sensibles. Ce qui ouvrirait la voie aux entreprises étrangères. Lors des élections de 2015, c’est une compagnie basée à Dubai qui a remporté ces appels d’ofres lancés par le Pnud.

Jean Michel Cadet

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