Le Président Jovenel Moïse N’a Pas Su Prononcer Les Mots Qu’il Fallait Lors De Son Interview Hier Matin , Pour La Troisième Fois Consécutive

Réflexions Sur L’avenir D’Haïti Avec Père Jean-Miguel Auguste

Il n’y a pas deux sans trois disait le Sage.En effet pour la troisième fois consécutive, le Président Jovenel Moïse n’a pas su prononcer les mots qu’il fallait lors de son interview hier matin avec le journaliste vedette de Radio Métropole, M. Wendell Théodore. Sans vouloir analyser en détail ses déclarations et ses réponses, je retiens que le Président n’a pas été interrogé sur les grandes questions de l’heure telles que :
(1) quelle est la nature des sacrifices qu’il serait prêt à consentir pour trouver un consensus ou un accord avec l’Opposition Démocratique?
(2) comment peut-il encore avoir la conscience tranquille et dormir en paix lorsque tant de gens investissent les rues presque quotidiennement réclamant sa démission?
(3) comment expliquer que tant de secteurs importants de la vie nationale tels que les Églises, les étudiants, les syndicats les patrons, les ouvriers, les professionnels lui tournent le dos?

On est unanime à reconnaitre que le Président est trop faible et maladroit pour diriger le pays, rétablir l’ordre et la sécurité publique, mais il est très bien toléré et supporté par le Core Group pour que l’opposition le fasse dégager du pouvoir malgré plusieurs manifestations krazé brizé. Pourtant cette dernière est assez forte pour maintenir la mobilisation et des manifestations récurrentes. Ainsi, le pays est cadenassé à répétition par la volonté farouche de la population à pousser et à contraindre le Président Jovenel à la capitulation et à la démission. Mais le Président désespérément s’accroche au pouvoir même quand il vit et fonctionne comme un fugitif très limité dans ses mouvements et déplacements. Dans les deux camps c’est la stagnation. Le Président est vaincu mais pas encore démis ni chassé. L’Opposition se renforce mais rien ne lui est garanti ni acquis. Elle ne parvient pas pour le moment à son objectif final. C’est l’impasse…C’est l’incertitude…Ce sont des casses à n’en plus finir…des pertes en vie humaine regrettables et impardonnables. C’est presque la somalisation.

Entretemps, l’économie dégringole, la monnaie nationale se dévalue quotidiennement et l’insécurité ronge la santé physique et mentale des citoyennes et citoyens. Ainsi, les filles et fils de ce pays se retrouvent dans un présent qui loin de préparer l’avenir le détruit ou tout au moins l’hypothèque de préférence. Alors, l’impasse est totale et nuit à tout le monde: au peuple comme aux commerçants, aux élèves comme aux parents, aux paisibles citoyens comme aux mobilisés, aux citadins comme aux campagnards.Les gens commencent à être fatiguées…

La stagnation engendre souvent la radicalisation et la violence à outrance et aveugle ce qui conduit inévitablement à la destruction des biens et des vies et à des scènes macabres.Tout cela nous est donné et offert en spectacle chaque jour. Il devient de plus en plus impossible et improbable pour le Président et l’Opposition Démocratique de s’asseoir aujourd’hui ensemble pour trouver et adopter une solution qui serait acceptable pour tout le monde.

Comment s’en extirpe-t-on? Comment sortir de cet imbroglio?

Les deux parties, l’opposition et le pouvoir dont la méfiance est mutuelle devraient trouver un Médiateur à qui ils confieraient la délicate mais combien salutaire et nécessaire mission de trouver une solution à la crise socio-politique que confronte et traverse le pays. Cette femme ou cet homme Médiatrice/teur existe-il? Ne serait-il pas un personnage spirituel difficile à trouver?

Sans le vouloir, le Président, par inadvertance, l’a peut-être suggéré lors de son interview sur Métropole hier matin. Cependant il faudra beaucoup de dextérité de la part des deux parties pour que ce/tte Médiateur/trice procure ses bons offices dans ce contexte d’accusations réciproques, de manifestations survoltées et de méfiance totale.

Malgré tout, je crois qu’il faut aller dans cette direction, si les protagonistes veulent arrêter la descente aux enfers politique, l’hémorragie économique, la continuité de la déchirure du tissu social et l’effondrement du peu qui reste de la fondation de la nation.

S’il n’est pas trop tard pour bien faire comme le disait le Président, est-il trop tard pour le Pays de trouver un/e Médiateur/trice capable de trouver une passerelle consensuelle pour porter les deux parties vers des discussions qui orienteront les antagonistes à la reddition de comptes, à la conception d’une nouvelle Constitution et à la Conférence Nationale Souveraine tant souhaitée et réclamée par plus d’un?

L’autre choix ou option de l’Opposition Démocratique aujourd’hui serait de transformer le Réveil du peuple Haïtien en une vraie RUPTURE sous la forme d’une vraie Révolution. Il leur faudrait alors rappeler et transformer toutes les Commissions de recherche de solutions en Comité Révolutionnaire du Salut Public. Ce CRSP aurait pour mission de prendre le pouvoir par tous les moyens possibles et moralement acceptables en chassant Jovenel du Palais sans compromis et sans concessions.

Cette semaine peut être, à mon humble avis, détermitante et décisive dans la mesure où l’Opposition Démocratique se donne et se dote les moyens de sa politique. Le jeu force à couper et le statu quo intolérable doit être asphyxié une fois pour toute.

Entretemps il faudrait IMMÉDIATEMENT que cessent les menaces contre les médias, les attaques et les destructions aveugles des biens publics ou privés qui ternissent lentement l’image d’un si beau Mouvement de Réveil et de Conscientisation. Ce Mouvement doit absolument conserver son caractère pacifique et non-violent. C’est par le nombre, par la persistance, par la persévérance, par la cohésion, par une intelligente diplomatie que le peuple finira par faire céder le Président Jovenel pour obtenir de lui ou bien des concessions majeures ou sa démission simple et pure.
Sinon il y a risque que ce Mouvement de Réveil et de reddition de comptes se transforme en des occasions de casser, de piller, de détruire, de brûler, de régler des comptes personnels et mesquins, et même de se défouler et de s’amuser. Alors, ce grand mouvement perdra tous les supports moraux dont il jouit aujourd’hui tant sur le plan national et international et ce serait une débacle cuisante pour la lutte du peuple haïtien contre le chômage, la corruption, l’mpunité, le sous-développement et la mauvaise gouvernance. Il faut à tout prix faire échec à l’échec.

Leaders de L’Opposition soyez maintenant des révolutionnaires, des visionnaires, si vous tenez vraiment à construire la nouvelle Haïti. Car le peuple regarde déjà les horizons lointains…

C’est à vous de choisir selon votre lecture objective de la réalité du terrain entre la MÉDIATION et la RÉVOLUTION. Dans les deux cas, vous n’avez pas le droit à des faux pas et vous devez inexorablement conduire le peuple à la victoire finale: l’anéantissement complet et définitif de CE SYSTÈME INIQUE/ SISTÈM PEZE SOUSE a sinon l’histoire ne vous pardonnera pas.

Et, dès aujourd’hui, soyons tous, Haïtiens et Haïtiennes, des Arc-en-Ciel dans les nuages D’HAÏTI pour qu’elle puisse devenir prospère et moderne, juste et équitable, éclairée et respectée, éduquée et fière où personne n’est poursachée ou poursuivie à cause de ses acquaintances politiques, de la couleur de sa peau et de ses convictions religieuses.

Une solution à la Balaguer et à la Peña Gomez est en possible. Prions!

Pére Jean-Miguel Auguste

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