Les huiles de cuisine font peur !

Après le dossier de « clairin frelaté » qui a disparu de l’actualité, c’est une afaire d’huiles de cuisine qui vient s’ajouter sur la liste des menaces sanitaires auxquelles sont exposés les consommateurs haïtiens. Des révélations ont été faites par la Direction générale des douanes (AGD) à Port-au-Prince sur l’importation d’une importante quantité d’huiles de cuisine ayant été déjà utilisées dans des restaurants à Bahamas et en Floride, dans une note dont Victor H. St Louis, le directeur général, est signataire.

Cependant, personne ne sait depuis quand ce produit est consommé dans le pays, pas même le ministère du Commerce et de l’Industrie qui est doté d’une direction chargée du contrôle de la qualité des produits et de la protection du consommateur. En efet, les responsables de la Direction du Contrôle de la Qualité et de la Protection du Consommateur (DCQPC) du ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), instance chargée de contrôler la conformité des produits et des activités des commerçants et des entreprises commerciales aux lois et règlements en vigueur, afrme avoir appris la nouvelle, tout comme la population, suite à la note de l’AGD. Elle ne saurait, en ce sens, depuis quand ce produit entre dans le pays. Cependant, « une enquête sera diligentée afn d’apporter des précisions sur la question et les solutions appropriées », informe un responsable au niveau de ladite direction. Pour veiller à ce que le commerce des produits alimentaires soit sûr et que les parasites et maladies des animaux et des végétaux ne se répandent pas à la faveur du commerce, le MCI via la DCQPC et parfois même le ministère de l’Agriculture doivent s’assurer que les mesures d’importation sont respectées. Haï- ti, bien sûr, avait signé l’accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (Accord SPS) visant à assurer un équilibre entre le droit des membres de l’OMC et le devoir de protéger la santé des populations. L’accord aussi reconnaît le droit des membres de l’Organisation à prendre des mesures légitimes pour assurer la sécurité sanitaire des produits alimentaires, protéger la santé des animaux et préserver les végétaux tout en veillant à ce que ces mesures ne soient pas appliquées inutilement à des fns protectionnistes. Ainsi, pour vendre un produit, les producteurs et les commerçants doivent-ils connaître les prescriptions sanitaires du marché. Et l’accord SPS fait obligation aux membres de l’OMC de notifer au secrétariat de l’organisation toute prescription nouvelle ou modifée qu’ils comptent imposer et qui est susceptible d’afecter le commerce. Ces notifcations donnent aux partenaires commerciaux la possibilité de formuler des observations sur les réglementations projetées avant leur adoption et permettent aux producteurs de s’adapter aux nouvelles prescriptions. De l’avis des grossistes et détaillants dans certains marchés du Cap-Ha- ïtien et des Gonaïves, il y a de quoi s’inquiéter puisqu’ils ne peuvent pas eux-mêmes contrôler la qualité des produits. Des grossistes d’huiles de Port-de-Paix joints au téléphone disent n’être pas conscients de la qualité de leurs produits. Ils ne font qu’acheter des gallons d’huile qu’ils revendent sur le marché. C’est pourquoi il est souhaitable qu’une enquête soit diligentée sur la question. Il est à rappeler que le MCI, sur le dossier de « clairin frelaté, en réalité méthanol », avait annoncé une enquête pour fxer les responsabilités. Les résultats de cette enquête ne sont à date pas rendus publics. Therno N. A. Sénélus

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