Réflexions Sur L’avenir D’Haïti Par Père Jean-Miguel Auguste.

Je me souviens encore d’un Éditorial de M. Fardin, dans son Journal d’avant garde, le Petit Samedi Soir. Dans ce dernier, il donnait la réplique au Président Dominicain d’alors, le Dr Joaquin Balaguer, qui avait estimé que notre chère Haïti était un « Pays à l’envers ».

À cette époque, tout le monde criait au scandale, au racisme, tant nous étions outragés par les propos du Chef de l’État voisin. C’était le temps où toute la Nation étaient encore fière de sa réputation et pouvait être indignée, offusquée et blessée.

Venant d’un Président étranger : « Haïti Pays à l’envers, » personne ne pouvait imaginer qu’ une telle conclusion deviendrait quelques décennies plus tard une prophésie, un défi, un souhait, un oracle, une malédiction qu’il fallait congurer et renvoyer à son expéditeur. Nous nous sommes contentés de faire preuve de notre faux orgueil traditionnel. Nous nous sommes fâchés au matin pour nous retrouver à Casablanca dans la soirée à venger la race. Le weekend de cette déclaration, les bordels de Carrefour où les dominicaines tenaient le haut du pavé ne dépeuplaient pas. Et on pouvait entendre de la bouche des officiels du Gouvernement et des officiers de l’Armée des chants de gloire et de victoire sexuelle de la part de ces idiots aux dépens de ces femmes exploitées.

Pour beaucoup d’hommes de l’époque, coucher des Dominicaines était source de fierté et moyen de nous venger des Gouvernements dominicains successifs qui n’arrêtaient pas de nous humilier, de nous abuser, de nous massacrer.

Tout jeune alors, je comprenais que ce n’était pas la bonne réponse ni la bonne réplique face à l’aggressivité et au racisme dominicains, mais j’étais trop jeune pour comprendre que nous étions en train de donner raison au Dr Balaguer.

Ce n’est qu’en participant aux cours et aux Séminaires d’Été qu’organisaient le CHISS du Sociologue Dr Hubert de Ronceray à cette époque, que j’ai commencé à réaliser et à identifier les différentes manifestations des anomalies dans lesquelles évoluait notre Pays. Elles étaient nombreuses :

1.La Présidence à Vie et une Chambre des Députés « j’approuve ».

  1. L’absence de Campus Universitaires dans le Pays à l’exception de Port-au-Prince et là encore, il ne s’agissait que d’un amalgame de falcutés éparpillées un peu partout dans la capitale.
  2. La bidonvilisation et la kokoratizatyon qui envahissaient
    tout le pays.

Et soudain arriva le départ des Duvaliers et depuis le pays s’est retrouvé en chute libre et son seul acquis semble être celui de la liberté de parole qui, malheureusement, à été souvent dévoyée, pleine de vacuité, mal utilisée et mal maitrisée. Depuis lors aussi, il y a eu le constat accablant de retrouver des cancres et des imbéciles dans la plupart des postes de responsabilité des trois pouvoirs de la République.

Cette réalité qui avait débuté sous les Duvaliers et qui a continué de manière effrénée à conduit à ce Pays à l’Envers.

Le pays est à l’envers quand Il est plus facile et plus rapide de trouver un extrait d’ archives au
à travers un racketteur qu’à travers les voies régulières. Le pays est à l’envers quand un Président prétend combattre la corruption et pas un seul corrompu notoire n’est arrêté et encore moins jugé et condamné. Le pays est à l’envers quand Président dans le dernier décret concernant la passation de marché enlève à la Cour Supérieure des Comptes son pouvoir constitutionnel de donner un avis favorable avant toute signature d’un contrat liant l’État Haïtien à un tiers. Le Pays est à l’envers quand les policiers doivent se comporter en bandits légaux pour obtenir et jouir d’un droit que leur accorde la Constitution. Le Pays est à l’envers quand le Gouvernement dépense des millions de gourdes pour un Carnival que le peuple voue aux gémonies mais que le Président veut à tout prix pour plaire à celui à qui il doit son poste et le Premier Ministre pour faire oublier son statut de PM de facto, pour réaliser son dernier pactole et faciliter en accord avec le Président le début de la campagne de Michel Martelly. Le Pays est à l’envers quand nous passons tout notre temps à détruire le peu d’infrastructures qui nous restent et nos biens privés et publics et en continuant à décapitaliser la classe moyenne à travers les casses, le kidnapping, les rançons et en assassinant et martyrisant nos concitoyens.
Les exemples de fonctionnement à l’envers du pays sont interminables et innombrables.

Aux vrais patriotes, à tous ceux qui croient encore à la compétence, au savoir et savoir faire aujourd’hui de prendre la destinée et le gouvernail de notre Pays pour le conduire vers la lumière, la moralité, les valeurs, les normes, la prospérité et la modernité.

Père Jean-Miguel Auguste

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