Les haïtiens ont choisi le dialogue, les Nations Unies les soutiennent

LHaïti est une démocratie dynamique. Malgré les crises, d´ordre naturel et politique, ces 30 dernières années le pays a fait des progrès sur le plan social et politique. A titre d’exemple, si dans les années 70 à peine un haïtien sur cinq était alphabétisé, cette tendance s’est inversée, avec un taux d´alphabétisme de 77%, et supérieur chez les jeunes de moins de 24 ans. Le pays a également amélioré ses capacités en matière de résolution pacifique des conflits, comme démontré lors des négociations pour un accord de sortie la crise en 2015.

Néanmoins, les défis auxquels fait face le pays restent importants et sont à la base de l’instabilité politique. La situation économique reste préoccupante, et n’offre pas les opportunités économiques nécessaires afin de réduire la pauvreté. L’insécurité s’aggrave et la gouvernance demeure très complexe, avec des dysfonctionnements institutionnels et des points de blocage sur lesquels les haïtiens doivent mener une profonde réflexion.

 Par ailleurs, le pays a vu la fin de la présence des forces de l´ONU dans le territoire, à la suite de 15 ans de maintien de la paix. Depuis quelques semaines, le Bureau Intégré des Nations Unies en Haiti (BINUH) et le Système de Nations Unies ont un rôle d´accompagnement des institutions haïtiennes.

Cette reconfiguration du mandat des Nations Unies a lieu dans une période difficile en raison de la profonde crise économique, sociale, politique, et humanitaire actuelle.

Quelle est la meilleure voie pour une sortie de crise ? À la suite d’un grand nombre d’entretiens et de discussions, les Nations Unies ont réalisé un sondage, afin de mieux comprendre les perceptions des citoyens haïtiens. Les résultats sont concluants. Neuf haïtiens sur 10 voient le dialogue comme la meilleure voie pour sortir de la situation actuelle.

Dans le cadre de son mandat, le BINUH s’est engagé à appuyer les efforts d’une sortie de crise par la voie du dialogue. Des consultations menées auprès des « forces vives » de Haiti et des parties prenantes à la crise montrent que la grande majorité des acteurs politiques, économiques et sociaux ont souligné la nécessité de réformes structurelles pour l´avenir du pays. Le mécontentement économique, couplé avec les problèmes liés à la faiblesse de l’état de droit et la rupture du contrat social, exigent un dialogue constructif et inclusif, auquel toutes les forces vives de la société haïtienne puissent participer. Celles-ci incluent la jeunesse, les groupements des femmes, les associations paysannes, les syndicats, les églises, les médias, les partis politiques, le secteur privé, le secteur éducatif, et les autorités haïtiennes, dans la capitale et en province. Les jeunes, en particulier, devraient jouer un rôle clé dans la conception de la société haïtienne renouvelée. Il est urgent de créer les conditions pour que ce dialogue sincère et inclusif puisse avoir lieu.

A cet effet, ce 17 et 18 décembre, le BINUH a accompagné une rencontre de deux jours entre des acteurs politiques, de la société civile et du secteur privé, en présence de l’Organisation des Etats Américains (OEA) à la Nonciature Apostolique en vue de créer un espace de dialogue pour une sortie de crise pacifique et concertée. Les échanges ont fait émerger diverses perspectives mais ont également souligné le besoin d’un effort conjoint pour un retour à la stabilité politique, condition indispensable au développent économique, et social et au renforcement des institutions démocratiques. Les Nations Unies félicitent les participants qui ont accepté de s’assoir autour de la table en cette occasion et encouragent tous les acteurs politiques à poursuivre leurs efforts par la voie du dialogue, en donnant suite à ce processus.

Les Nations unies restent à l’écoute des acteurs haïtiens, et continueront à appuyer le dialogue, les institutions haïtiennes et l’ensemble de la société dans leur recherche d’une solution qui répond aux besoins et attentes de tous les haïtiens. 

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *