Les Victimes Et Les Enfants Nés De L’exploitation Et Abus Sexuels Sont Au Cœur De Notre Attention, A Déclaré Le Secrétaire Général De L’ONU

La publication récente d’une étude sur des enfants possiblement engendrés par des soldats de la paix en Haïti a suscité des inquiétudes, et ceci est compréhensible. Certains témoignages sont profondément préoccupants. Soyons clairs : l’exploitation et les abus sexuels par le personnel des Nations Unies sont inacceptables et nous sommes pleinement attachés à la politique de tolérance zéro du Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres.

Malgré cela, et à notre regret, de tels actes ont été commis par des personnels civils et en uniforme travaillant pour les Nations Unies. Selon des données rendues publiques, la MINUSTAH, l’opération de maintien de la paix des Nations Unies en Haïti, avait enregistré 116 allégations d’exploitation et d’abus sexuels durant la période 2007 – 2017. De ces 116 allégations, 93 cas avaient été confirmés suite à une enquête.

Les victimes sont au centre de notre attention. Et pour le matérialiser, l’ONU a affecté à Port-Au-Prince, un membre du personnel dédié exclusivement au Plaidoyer pour les droits des victimes. Point focal pour ces dernières, elle les accompagne au fur et à mesure de l’avancement de leurs dossiers, notamment concernant le processus légal d’établissement de la paternité. Elle continue à travailler pour s’assurer que toutes les victimes reçoivent la documentation et les informations nécessaires à l’appui de leur cas. Aujourd’hui, à travers elle, la famille des Nations Unies en Haïti apporte une assistance holistique à 33 enfants nés de 27 mères, et victimes de l’exploitation et d’abus sexuels par le personnel de la MINUSTAH.

Ceux qui ont engendré ces enfants en Haïti doivent assumer leur responsabilité parentale et individuelle. Trop peu d’entre eux reconnaissent leur paternité et fournissent un soutien à leurs enfants. Aussi, les Etats Membres de l’ONU contributeurs de personnel ont la responsabilité de faciliter le règlement des demandes de paternité et de pension alimentaire. Ils ont le devoir d’accompagner notamment les démarches des mères devant leurs juridictions nationales. Les Etats contributeurs de personnel ont la responsabilité de coopérer avec l’ONU dans ses efforts pour assurer la protection, l’assistance et le soutien aux victimes, notamment en facilitant les enquêtes et les procédures judiciaires pour aider les victimes.

Le fait que la page du maintien de la paix de l’ONU en Haïti se soit tournée le 15 octobre 2019 ne signifie pas la fin du soutien de l’ONU aux victimes d’exploitation et d’abus sexuels par le personnel des Nations Unies dans le pays. Il est de notre devoir de recevoir et de traiter toutes les allégations d’exploitation et d’abus sexuels, y compris les demandes de paternité et de pension alimentaire pour les enfants nés de tels actes, sans distinction et quels que soient la date ou le lieu où s’est produit l’incident présumé. Nous nous employons à faire en sorte que les victimes puissent témoigner en toute confiance, qu’elles aient accès à une assistance et qu’elles soient régulièrement informées du statut de leur(s) plainte(s).

Nous restons déterminés à prévenir et à combattre l’exploitation et les abus sexuels par le personnel des Nations Unies et encourageons toute personne à signaler tout incident en appelant notre ligne dédiée : (+509) 3702-6516.

Nous qui représentons le système des Nations Unies en Haïti, ainsi que tous les Etats membres de l’organisation, avons une responsabilité partagée envers les victimes, leurs communautés, et toutes celles et ceux qui croient aux valeurs qui sous-tendent la Charte des Nations Unies : que les victimes d’exploitation et d’abus sexuels, et leurs enfants, jouissent pleinement de leurs droits. 

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