Haïti-Crise Dans La PNH: Seul Jovenel Moise Détient La Solution

Depuis peu, une grave et périlleuse crise s’installe et persiste au sein de la police nationale, tandis qu’une seule et unique autorité détient la solution qui puisse permettre à tous les protagonistes et acteurs de trouver une issue sans que personne ne perde la face. Il s’agit du président de la République, Jovenel Moise.
D’entrée de jeu, disons que le budget national ou l’économie du pays, dans l’état actuel de la situation, ne permettra pas que toutes les revendications des policiers, aussi légitimes qu’elles soient, soient immédiatement prises en compte, lors même que les autorités politiques et policières seraient animées des meilleures intentions du monde. Cela se fera au fur et à mesure, mais il faut que cela se fasse dans les meilleurs délais possibles.

 Toute la problématique se situe aujourd’hui autour du fait que les revendications plus que légitimes des policiers relatives à leurs conditions de travail indignes, exécrables, misérables doivent être satisfaites; des sanctions doivent être prises ou maintenues (sinon la police se désintègre), la constitution, les lois et règlements régissant le fonctionnement de la police doivent être respectés, et le Syndicat de la Police Nationale d’Haïti doit pouvoir légalement voir le jour. Et tout cela peut se faire simultanément.
 Ce n’est malheureusement pas une commission qui viendra résoudre le problème. C’est plutôt une mesure salutaire du Chef de l’État qui peut aider à juguler cette crise qui, au fil des jours, gagne en dangerosité.
Art. 35-3 de la constitution : ‘‘La liberté syndicale est garantie. Tout travailleur des secteurs privés et publics peut adhérer au syndicat de ses activités professionnelles pour la défense exclusivement de ses intérêts de travail’’.
Art. 35-5 : ‘‘Le droit de grève est reconnu dans les limites déterminées par la loi’’.

   Que peut et que doit faire le président Jovenel Moise? Trois choses, en tout cas, pour le moment :
1)      Prendre un décret en application des articles 35-3 et 35-5 de la constitution en vigueur, reconnaissant le droit des policiers (comme tous autres travailleurs des secteurs publics et privés) au syndicat pour défendre leurs intérêts de travail. Ce décret abrogera les dispositions des règlements généraux de la police qui lui seront alors contraires
2)      Interdire dans le même décret le droit à la grève au sein de la police nationale, comme admis dans des instruments internationaux ratifiés par Haïti, cette république dont la constitution laisse à la loi le soin de déterminer les limites du droit de grève. Donc l’exercice de ce droit peut être limité à d’autres catégories de fonctionnaires et de travailleurs, sans être étendu aux policiers, aux militaires…, vu le caractère impératif de leur fonction
3)      Instituer des taxes spéciales devant bénéficier exclusivement au financement des avantages sociaux à offrir aux policiers,  au financement du budget de fonctionnement de la police et de sa dotation en matériels et équipements  nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Des taxes sur l’alcool, la cigarette, les voyages, les parfums et autres articles de luxe pourraient facilement permettre à l’État de trouver des moyens supplémentaires pour améliorer les conditions de vie et de travail de nos vaillants et courageux policiers qui, en dépit du manque crucial de moyens, font de leur mieux pour veiller sur nous tous
Cependant, les policiers concernés comprendront qu’il est plus normal que leurs actes de ces derniers jours et semaines méritent d’être sanctionnés. Car si les violences armées, les menaces de mort, les incendies, les agressions et outrages publics faits à des supérieurs hiérarchiques, bris et irruption arme à la main, dans le bureau de l’inspecteur général en Chef de la PNH,  la violation du droit à la propriété privée des citoyens…, dont des policiers rebelles se sont rendus coupables, ne sont pas punissables, donc plus aucune violation des règlements du fonctionnement de la police ne pourra être moralement et objectivement sanctionnée. Et ce serait l’effondrement total de la police comme institution hiérarchisée. Personne ne le souhaite, j’espère.
 

En d’autres termes, même dans le cadre d’un compromis, des policiers auteurs de pareils actes peuvent désormais travailler ailleurs (dans l’administration publique, dans le privé…), mais plus dans la police, sous peine de récidivisme impénitent.
Toutefois, tout le peuple haïtien et tous les secteurs vitaux de la société doivent faire corps avec la police, et faire pression sur le gouvernement qui doit prendre bien soin des policiers qui assurent notre sécurité. Ils exposent chaque jour leurs vies et celles de leurs familles pour nous protéger. Nous leur devons notre plus grande gratitude, notre plus fervente solidarité et notre plus vive admiration.
Le président Jovenel Moise doit agir immédiatement. Et ce, pour que vive la Police Nationale D’Haïti, pour que vive Haiti!
Joseph Guyler C. Delva
   28 fév. 2020

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *