Les Réflexions Du Père Miguel Auguste Sur La Fête Des Mères

Quelques minutes avant sa mort, mon père m’a fait venir tout près de son lit et dans un ultime et dernier effort, a ouvert les yeux, prit mes deux mains comme pour se redresser et m’a murmuré: » Pitit mwen, papa-w pralé; men mwen pa vlé-w janm kryé devan manman-w, ni mwen pa vlé-w janm fe manman’w krye. Prends bien soin d’elle. » Ensuite Il m’a réclamé un verre d’eau et, après en avoir bu la moitié, me le rendit en disant : « Res la pou ou ». Il se tourna alors du côté gauche et rendit l’âme. Ce lundi 23 avril 2007, je suis devenu un homme nouveau, assumant les rôles de fils et de père auprès de ma maman, m’assurant qu’elle ne manquait de rien jusqu’à sa mort le 18 janvier dernier, honorant ainsi la promesse faite à mon père.

Aujourd’hui 31 mai 2020, ramène ma toute première Fête des Mères sans la présence physique de la mienne. Et, depuis sa mort, j’ai cessé d’être un fils. Orphelin aujourd’hui je suis lentement devenu un autre Homme. C’est le miracle du décès des parents. Il faut qu’ils meurent pour que leurs enfants deviennent complètement des adultes.

Et, malgré notre confinement, nos limitations, nos peines et nos deuils, nous devons, chacun à notre façon, CÉLÉBRER nos mamans en ce dernier dimanche du mois de mai. En effet, ce que nous sommes aujourd’hui, nous le leur devons bien; et c’est pourquoi nous prions pour que le Seigneur miséricordieux nous aide à changer les conditions de vie de celles, beaucoup trop nombreuses et qui pendant trop longtemps, ont souffert et souffrent encore du dénuement total à travers tout notre Pays et également pour que celles qui ont été plus chanceuses leur viennent en aide. Que le Tout Puissant continue de veiller, protéger et garder nos mamans en bonne santé et heureuses longtemps parmi nous et aussi d’accueillir, dans son Paradis, celles qui sont déjà parties.

Une vraie maman est comme un Arc-en-Ciel. Elle colore nos vies, nous inspire et nous éclaire. Elle nous rend l’espoir quand tout semble perdu. Elle est la seule à nous aimer inconditionnellement et inlassablement. Pour ces raisons et pour bien d’autres encore, J’AIME, J’ADORE, J’ADMIRE et RESPECTE les MAMANS.

La mienne est retournée à la maison du Père au début de cette année et je la pleure encore même en écrivant ces lignes. Ces pleurs ne sont que l’expression de ma Gratitude, pour l’Amour et le Bonheur que j’ai connus auprès d’elle. Et ma plus grande joie, ma plus grande satisfaction, c’est de ne l’avoir jamais embarrassée ni fait pleurer de tristesse, de honte ou d’opprobre.

Je t’aime encore manman même quand tu ne me souris plus, ne me parles plus. Je t’aime encore maman même quand je ne respire plus ton parfum. Pourtant, ce matin en me réveillant, l’odeur de ton parfum de Jasmin était partout dans ma chambre… Tu n’es pas là et pourtant je te sens proche.

Que j’aimais t’embrasser jusqu’à ce que tu me dises « Tigason al chita » !

Comme l’année dernière, je t’ai encore acheté ce matin des fleurs, des Roses rouges. La table est parée de tes couleurs préférées. Le repas est servi mais ta chaise est vide ainsi que ton couvert. C’est la première fois manman que tu n’es pas là pour la Fête des Mères. Peut-être que tu es tout simplement en retard… A t’attendre, j’ai bu seul la bouteille de Champagne et me suis endormi. J’ai même rêvé de toi. Bonne Fête Lamè.

A toutes les Mamans Haïtiennes de la Diaspora et d’Haïti: BONNE FÊTE DES MÈRES! Vous êtes les meilleures et aussi des martyres. Vous incarnez la tendresse de Dieu parmi nous. Je vous aime Mamans!

Miguel Auguste