Réflexions Du Père Jean-Miguel Auguste Sur L’Avenir D’Haïti

Depuis plus de deux mois, je vis dans le silence des quatre murs de ma maison, dans le strict respect des consignes et décisions prises par le Gouverneur et le Maire de New-York, en vue de contenir et de stopper la propagation du coronavirus.

Plaque tournante du marché boursier international, New-York, malheureusement, se retrouve la ville la plus affectée et stigmatisée des Etats-Unis et du monde entier par la pandémie. Ce poumon économique décompte ses morts par milliers. Les morgues et les maisons funéraires sont submergées. Des familles entières sont décimées. Pendant que cette ville connait et traverse ce calvaire, la Communauté haïtienne se signale, durant cette catastrophe, tant par son dévouement au service public et de la préservation de la vie, que par le nombre de ses enfants emportés par ce fléau que constitue le Covid-19.

Très souvent honis, violentés, méprisés et insultés à New-York sur leurs lieux de travail, dans leurs quartiers et les écoles publiques, les Haïtiens aujourd’hui sont salués et félicités pour leur esprit de sacrifice, de don total de soi comme médecins, infirmières, prêtres, professeurs, policiers, employés des services sanitaires, des maisons de retraite, du transport public et des services de nettoyage. Soudainement, on réalise l’apport, combien appréciable et inestimable, des Haïtiennes et des Haïtiens vivants en Amérique du Nord dans beaucoup de domaines utiles et indispensables de la société.

Le Premier Ministre Canadien en a fait l’éloge récemment, et la Conférence Episcopale des Evêques d’Haïti, dans une lettre ouverte, a exprimé sa solidarité, sa gratitude, son respect et sa sollicitude envers nos frères et nos soeurs de la Diaspora pour leur témoignage de vie. Le comportement de nos compatriotes en Amérique, devient aujourd’hui objet de félicitations, de dignité et de fierté.

Bien que meurtris par le départ inattendu de tant de parents, de proches et d’amis, les Haïtiens recommencent à gagner le respect et l’admiration de beaucoup tant au Canada, aux Etats-Unis et ailleurs. Une nouvelle vie de grandeur et de dignité est possible pour nous, maintenant, en Diaspora. Espérons que nos leaders communautaires et nos dirigeants politiques sauront en tirer profit pour le bien-être de tout un chacun.

Et malgré nos chagrins,nos peines, nos pleurs et nos deuils, nous devons, chacun à sa façon CÉLÉBRER nos mamans en ce deuxième Dimanche du mois de Mai. En effet, ce que nous sommes aujourd’hui, nous le leur devons bien; et c’est pourquoi nous prions pour que le Seigneur miséricordieux aide à changer les conditions de vie de celles, beaucoup trop nombreuses et assez trop longtemps, qui souffrent du dénuement total au Pays. Que le Tout Puissant continue de veiller, protéger et garder nos mamans heureuses et en bonne santé longtemps parmi nous et aussi d’acceuillir, dans son Paradis, celles qui sont déjà parties.

Une vraie maman est comme un Arc-en-Ciel. Elle colore nos vies, nous inspire et nous éclaire. Elle nous rend l’espoir quand tout semble perdu et fini. Elle est la seule qui nous aime inconditionnellement et inlassablement. Pour ces raisons et pour bien d’autres encore, J’AIME, J’ADORE, J’ADMIRE et RESPECTE les MAMANS.

La mienne est retournée à la maison du Père au début de cette année. Et ma plus grande joie, mon plus grand bonheur, c’est de ne l’avoir jamais embarrassée ni fait pleurer de tristesse, de honte ou d’approbre.

Je t’aime manman comme un enfant qui reçoit son premier ballon, comme un adolescent à son premier rendez-vous d’amour, comme un soldat après la guerre qui ne rêve que de rentrer chez lui, comme un prêtre devant son autel, comme un vieillard qui quitte la terre ou comme un bébé qui dit et balbutie son premier mot si doux et si rassurant: MAMAN.

A toutes les Mamans Haïtiennes de la Diaspora et d’Haïti:BONNE FÊTE DES MÈRES! Vous êtes les meilleures et vous représentez la tendresse de Dieu parmi nous.

Père Jean-Miguel Auguste